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Conférence de Myriam Revault D’Allonnes
En partenariat avec l’Appel des appels 67
14 juin 24 – 17 h 00 min – 19 h 00 min
« L’expérience démocratique : une exigence difficile et menacée »
Argument
Comment la démocratie peut-elle faire face aux dangers qui la menacent de tous côtés ? Dans le monde, les sociétés démocratiques sont en perte de vitesse et les régimes autoritaires ne cessent de monter en puissance. Et à l’intérieur même des démocraties libérales, il est sans cesse question de l’épuisement des institutions, de la lassitude et du désenchantement des citoyens, de leur désaffection à l’égard de la politique. Pour toutes ces raisons, les démocraties, dit-on, sont en « crise ».
Or, pour aborder ces questions cruciales, il est nécessaire de comprendre que la démocratie n’est pas seulement une affaire de procédure, à savoir un mode de répartition et d’organisation du pouvoir. Elle est aussi une manière de vivre ensemble et de faire société, autrement dit une expérience qui engage un style d’existence et un certain mode de relations entre les hommes. La démocratie rejoue sans cesse des enjeux fondamentaux liés à des choix, à des valeurs et à des préférences. L’invention perpétuelle est sa norme : elle est ce qui fait à la fois sa grandeur et sa fragilité. C’est de cette idée que nous repartirons pour explorer les ressources de résistance que les sociétés démocratiques peuvent aujourd’hui mobiliser face aux attaques et aux dérives qui leur portent atteinte.
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Myriam Revault d’ Allonnes est philosophe, essayiste, professeur émérite des universités à l’École pratique des hautes études et chercheuse associée au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof). Elle collabore régulièrement à la revue Esprit. Elle a également été membre de la commission du Livre blanc sur la politique étrangère et européenne de la France (2008) et du Jury de la Conférence de consensus sur la prévention de la récidive (2012).
Elle a présidé de 2015 à 2018 la commission philosophie-psychanalyse-sciences religieuses du Centre National des Lettres (CNL)
Spécialiste de philosophie éthique et politique, ses recherches ont d’abord porté sur la Terreur de la Révolution française, sur le « mal du politique » et le « caractère intraitable » des passions dont est faite l’assise originaire du lien social (Ce que l’homme fait à l’homme. Essai sur le mal politique, Seuil, 1995) Elle s’est interrogée sur la notion de « banalité du mal » et sur la question du « sens de l’humain » entendu comme capacité d’échanger des expériences, capacité dont l’expérience concentrationnaire nous a notamment donné à voir la défection la plus radicale. Abordant des problèmes liés aux perspectives philosophiques et politiques actuelles, elle a analysé les remaniements conceptuels (notamment autour de la question de la temporalité) auxquels doivent être soumises les expériences contemporaines, d’où ses récents travaux sur les notions d’« autorité » (Le pouvoir des commencements. Essai sur l’autorité, Seuil, 2006), de « crise » (La crise sans fin. Essai sur l’expérience moderne du temps, Seuil, 2012) et de « représentation » (Le miroir et lascène. Ce que peut la représentation politique, 2016).
Ses ouvrages sur la démocratie, accordent une place décisive aux affects politiques et aux dispositions subjectives que les individus entretiennent à l’égard du mode d’existence démocratique ; notamment :
L’homme compassionnel, Seuil, 2008,
Pourquoi nous n’aimons pas la démocratie, Seuil, 2010,
L’esprit du macronisme ou l’art de dévoyer les concepts, Seuil, 2021
Ainsi meurt la Démocratie, Disputatio avec Chantal Delsol, Miallet Barrault, 2022
Le crépuscule de la critique, Seuil , 2022
