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La transmission, c’est aussi publier des articles dans des revues professionnels dans ce cadre, nous avons publié dans le journal des psychologues scolaires, un article: Françoise Dolto, une pionnière de la prévention prévenante

Françoise Dolto pionnière de la prévention prévenante

Françoise Dolto était opposée à toute action de dépistage de supposés facteurs de risques selon des modalités empruntées à la démarche préventive en médecine. Elle refuse de participer à l’élaboration de projets adaptatifs ou rééducatifs des familles, comme de participer au contrôle de populations sous le prétexte d’y repérer  des sujets ou des familles « à risques ». Pour autant, elle n’en n’est pas moins une des principales pionnières d’une prévention prévenante de nombre de troubles psychopathologiques, psychosomatiques et psychosociaux. Ses ouvrages en témoignent. Enseignée par des centaines d’enfants reçus par elle en privé ou en institution et qu’elle reconnaissait comme ses « seuls maîtres », elle consacre les dix dernières années de sa vie à multiplier les interventions auprès d’un public plus large. Celui des jeunes analystes qu’elle reçoit en présence de ses petits patients et avec l’accord de ces derniers et celui des adultes, parents ou non, qu’elle entend faire bénéficier des découvertes de la psychanalyse et informer du rôle de l’inconscient sur notre devenir d’adulte. Au grand dam de nombreux de ses collègues, désireuse d’aider enfants et parents à mieux ‘s’entendre’ et à mieux se comprendre eux-mêmes, elle répond sur l’antenne d’une chaîne publique aux courriers de parents désemparés. Dès 1977 F.Dolto, avec d’autres convaincus comme elle qu’il vaut mieux prévenir que guérir, va travailler à l’ouverture de « sa plus belle œuvre » comme elle aimait à le dire : La Maison Verte, un lieu ouvert sur la Cité pour les petits de la naissance à leur 4eme bougie dont le modèle s’est propagé un peu partout dans le monde. Elle s’investit enfin également pour les plus grands, propose des réformes, soutient et encourage les professionnels d’une Ecole de la République respectueuse et attentive à l’accueil et à l’enseignement des futurs citoyens.  

Le transfert : clef de voûte pour un dispositif d’accueil du jeune enfant

Marie-Hélène MALENDRIN

J’ai rencontré Françoise Dolto dans la dernière période de sa vie, au moment où elle a pris sa retraite d’analyste. Elle avait alors 70 ans.

De 1977 à 1979 j’ai travaillé avec elle et quatre autres personnes [1] à l’élaboration d’un lieu d’accueil enfants / parents, qui a pris le nom de Maison Verte : architecture et rédaction du projet, recherches de financements et de locaux. Le petit texte que nous avons distribué aux passants et aux commerçants le jour de l’ouverture dit bien que ce « lieu n’est ni une crèche, ni une halte garderie, ni un centre de soins. C’est un lieu de parole, de détente, où mères et pères, grands-parents, nourrices, sont accueillis avec les enfants qui les occupent et parfois les préoccupent. Les petits y rencontreront des amis. Les femmes enceintes et leurs compagnons, ainsi que les petits aînés peuvent aussi venir, car l’arrivée d’un enfant est un moment très important et parfois difficile dans une famille… »

A la Maison Verte, nous sommes donc dans un lieu de parole, de socialisation, de loisirs, un lieu comme le disait F. Dolto « du tout-venant » 

[1] Pierre Benoît ; Françoise Dolto ; Colette Langinion, Bernard.This, ( psychanalystes) ; Marie Noelle Rebois ; Marie Hélène Malandrin (éducatrices).

Un enfant reconnu comme sujet

L’enfant doit d’abord être nommé et reconnu dans une identité distincte de ceux qui l’entourent. Soutenu par un groupe ouvert où les règles se parlent, il pourra alors construire tranquillement son autonomie.

Ce que des lieux inspirés de la Maison Verte comme la Maisonnée de Strasbourg se proposent de réaliser en matière de socialisation et de prévention découle directement de certains constats et enseignements de la psychanalyse et en particulier de ceux relatifs à ce que Françoise Dolto appelait la lèpre symbolique. Faite de déshumanisation, de solitude, de ruptures des liens familiaux et sociaux, de disparitions des traditions et des repères qui s’y trouvent associés, cette lèpre concerne l’ensemble de nos sociétés dites modernes et atteint tout spécialement le petit d’homme en tant que de ce «symbolique dépend tout ce qui le fera être sujet à part entière, être de filiation et de langage, maillon de deux lignées qui croisent leur histoire au travers de la sienne et font de lui un élément d’un groupe social auquel il appartient et duquel il dépend… »